Les Soyeux et la mécanisation (1951)
Au début du XXe siècle, le secteur du tissage tunisien est bouleversé par l’arrivée des ateliers mécaniques et la concurrence des produits européens. La Première Guerre mondiale stimule temporairement la production, mais la reprise des importations plongeles artisans manuels dans une crise profonde. Pour protéger ces derniers, plusieurs décrets (1932, 1935, 1937, 1939, 1941) limitent l’usage des métiers mécaniques, notamment pour les articles populaires comme les foutas, takritas, djebbas et sefsaris en soie. Toutefois, leur application reste difficile et les retombées limitées. En 1937, des coopératives artisanales sont créées afin de fournir les matières premières et de trouver des débouchés, sous le contrôle de l’Office des Arts tunisiens. La guerre de 1939 relance fortement l’activité, mais après les hostilités, la concurrence mécanique et les importations reprennent, aggravant la crise. Le décret du 16 avril 1951 redonne un espoir aux artisans manuels, mais se heurte à l’opposition des ateliers mécaniques, révélant les tensions persistantes entre tradition et modernité.